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Rosny plage : un cocktail de fraicheur et de jeux
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La vengeance, un plat qui …

« Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l'été ! » écrivit Marcel Proust. Comment les occuper ? Il fut un temps télévisuel glorieux qui meublait ces soirées par des sagas haletantes auprès d'oliviers et de vignes. Ces séries fleuves tenaient en haleine ou nous entrainaient directement dans les bras de Morphée… Au cœur des intrigues, la question du meurtre et souvent celle de la vengeance (« à deux visages »…). L'été, le crime n'est pas gratuit et les protagonistes ne tendent que très rarement l'autre joue. Depuis le comte de Monte Christo, la vengeance est un plat qui se lit, se regarde, se vit. Ce dossier vous propose d'élargir le champ des possibles pour occuper ces heures entre chien et loup…

… Se mange froid

BD Adultes : Le maitre des crocodiles, Jean-Denis Pendanx, Stéphane Piatzszek


Cette Bd fait penser au roman d’Herman Melville « Moby Dick ». Cette fois-ci, le « Achab » de l’histoire est Léonard et la vengeance s’exerce non pas sur une baleine mais sur un crocodile gigantesque. Derrière ce récit de vengeance, les auteurs plantent le décor du drame écologique se déroulant sur l’ile de Sumatra. La pêche à l’explosif a disparu, mais la déforestation a pris des proportions importantes. Le paysage est défiguré. L’activité humaine est responsable. Ils restituent toute l’atmosphère luxuriante des terres tropicales avec ses couleurs chatoyantes. Ils retranscrivent parfaitement la profondeur et l’intensité des eaux indonésiennes aux nuances de bleu. Les scènes d’attaque et de combat avec le crocodile sont impressionnantes. La cruauté de la première attaque marque les esprits. Oui, la vengeance est un plat qui se mange froid…

Documentaire adultes : L’Affaire des poisons, Arlette Lebigre.


Certains scandales, meurtres, vengeances ou affaires malveillantes restent gravées dans l’histoire à jamais. C’est le cas de cette si célèbre et funeste « Affaire des poisons ». Madame de Sévigné dira que « cette affaire occupa tout Paris pendant plusieurs mois de 1676 », et Alexandre Dumas deux siècles plus tard mis cette affaire en bonne place dans son ouvrage Les Crimes Célèbres. Et il est vrai que les compte rendus du procès de la marquise de Brinvilliers, dite « l’empoisonneuse », furent lu par des centaines de milliers de lecteur des gazettes, et que sa condamnation à mort par décapitation sur la Place de grève se fit devant des dizaines de milliers de personnes en juillet 1676. La marquise de Brinvilliers dira avoir été empoisonneuse par vengeance, elle qui fut violée par ses frères et son père. Mais cette Affaire des poisons n’aurait pas eu cette aura si elle n’avait pas impliquée des personnes de premier plan comme Madame de Montespan ou la comtesse de Polignac, deux femmes très proche de la famille royale et de Louis XIV. La vengeance est un plat toxique qui se mange froid.

Roman adulte : Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor


Martin Schulse et Max Eisenstein sont deux marchands d’art moderne qui se sont associés dans une galerie à San Francisco et qui ont fait fortune. En 1932, Martin Schulse, d’origine allemande et catholique, décide de revenir vivre en Allemagne pour fonder sa famille et afficher sa réussite sociale. Max, qui est juif, continue de tenir la galerie aux Etats-Unis. Mais la sœur de Max, qui est comédienne en Allemagne, doit fuir les persécutions contre les juifs à Berlin et part se réfugier dans la château de Bavière de Martin. Mais celui-ci, qui ne veut pas mettre sa réputation de « bon citoyen allemand » en péril refuse de laisser entrer Griselle et celle-ci est assassinée par les S.A. dans son jardin. Quel va être la réaction de Max suite à la mort de sa sœur, va-t-il se venger ou comprendre le geste de Martin ? Pour le savoir, venez-vite lire cette courte nouvelle, devenue un classique de la littérature. Kressmann Taylor, dans cette nouvelle écrite en 1938, a essayé de lancer un appel contre l’extermination des juifs d’Europe qu’elle pressentait, mais qui n’a malheureusement pas été entendu et compris.

BD jeunesse : En attendant que le vent tourne, Blaise & Robin Guinin


En attendant que le vent tourne, il faut bien s’occuper. Pierrot, Xavier et Florentin vont peaufiner leur vengeance à l’encontre des jumeaux et de Lucie qu’ils pensent, à tort, responsables de la destruction de leur cabane. Les vacances avaient pourtant bien commencées mais les jeux peuvent vite virer à la catastrophe. Surtout quand de nouveaux sentiments viennent perturber la simplicité enfantine : colère, honte, frustration, rancœur, regret, aigreur… et un peu d’amour aussi. Le graphisme naïf, aquarelle et couleur claires, tranche avec la violence des flammes en couverture et les sentiments des protagonistes. Cela suggère une catastrophe inévitable comme un choc frontal entre jeux et réalité, enfance tendre et ambiguïté des sentiments naissants. Comme une épreuve à l’issue dramatique. Ou simplement... la vie. Qui ne perd rien pour attendre.

… Se mange chaud

DVD Adultes : Les nouveaux sauvages, Damian Szifron


Ça suffit les petites ripostes mesquines, les règlements de comptes minables et les représailles sans envergure, à nous les châtiments atroces, les revanches haineuses et les punitions infernales ! Inspirez-vous des histoires de ce film, qui décline, avec un ton grinçant et réjouissant, six sketchs percutants. L’humour noir, la terreur et l’ironie sont les moteurs de ces « petites tragédies », inspirées par l’esprit des grandes comédies italiennes des années 1970. Ils mettent en scène des héros qui affrontent une situation stressante, font une rencontre traumatisante, découvrent une information insupportable et décident de ne plus se laisser faire…jusqu’à l’absurde. Alors, malgré une vision terrifiante de la société argentine où la colère n’est plus un sentiment normal mais une pulsion primitive, nous ne pourrons pas nous empêcher de ressentir une pointe d’admiration (d’envie ?) pour ses personnages qui, néanmoins, vont au bout, vraiment tout au bout de leur volonté de vengeance…

Album jeunesse : « La Méchante petite poulette » dans La Vengeresse masquée et le loup de Pierrette Dubé et Marie-Eve Tremblay

Voici l’histoire d’une méchante petite poulette. Depuis son enfance, elle passe son temps à faire les 400 coups, mais voilà au bout d’un moment embêter ses voisins devient trop facile. Heureusement l’arrivée d’un nouveau venu, un loup à la retraite, va lui donner du poil à retordre… Que va-t-elle trouver pour contrarier le loup ? D’abord, elle va remplacer le sucre du sucrier par du sel. Puis, attifée de sa cape et son masque, elle va se donner un nouveau surnom adapté : la Vengeresse Masquée ! Oui mais c’était sans compter le réveil des instincts primitifs du loup… Qui des deux aura le dernier mot ? Cette histoire qui nous vient du Québec se révèle tour à tour drôle, décalée et malicieuse. Les illustrations rappelant les cartoons américains se marient idéalement à cette situation non conventionnelle qui prend à rebrousse-poil les contes traditionnels.

… ne se mange pas

Documentaire adultes : Vous n’aurez pas ma haine…, Antoine Leiris


« Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant, mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un air méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu ». Un récit bouleversant, lumineux et plein de force publié en avril 2016, 4 mois après l’attentat du Bataclan dans lequel l’auteur a perdu sa femme Hélène, 34 ans l’amour de sa vie et la mère de Melvil leur fils, 17 mois. Pour écrire son chagrin, pour se préserver de la haine, pour dire son trop plein d’amour à sa femme et son fils. Et aussi pour affirmer que la vie reprendra son cours, qu’ils continueront à rire, s’amuser, aimer...pour que son fils puisse grandir comme tous les petits garçons de son âge, libre et sans haine, car « vous n’aurez pas sa haine non plus ». Un bel hommage à l’amour, sa vengeance ? Il s’en serait bien passé !

Roman jeunesse : La fille seule dans le vestiaire des garçons ,Hubert Ben Kemoun

Qui a bien pu voler le journal intime de Marion ? Qui va percer ses secrets les plus inavouables ? Elle est persuadée qu’Enzo, la coqueluche du lycée, est le responsable. Elle accepte une rencontre avec lui en espérant récupérer son précieux journal. Malheureusement, la situation lui échappe. Filmée dans une posture compromettante, la vidéo circule sur Internet. Marion n’a plus qu’un désir, se venger, tout comme les autres protagonistes de ce roman. Prisonniers de leur aveuglement, les adolescents parviendront-ils à échapper à la cette spirale infernale de la loi du Talion ? Hubert Ben Kemoun, par son écriture réaliste, donne véritablement corps à l’angoisse, la peur et la hargne de ses personnages. Il place le lecteur au cœur d’un récit violent porté par sa touchante héroïne où seul le regard bienveillant de son petit frère apporte une nécessaire touche d’humour. Aux lecteurs de vérifier si l’adage « Mourir en se vengeant vaut mieux que vivre dans la honte »…